Une machine à hits implacable
Dès les premières notes, le son est massif. Les guitares de Rudolf Schenker et Matthias Jabs tranchent dans l'air avec une précision chirurgicale, prouvant que les riffs d'anthologie comme ceux de The Zoo ou Make It Real n'ont pas pris une ride. La cohésion du groupe est tout simplement incroyable : chaque membre sait exactement où se placer, comment haranguer la foule, et la setlist est un enchaînement ininterrompu d’hymnes taillés pour les stades.Visuellement, le show est une réussite totale. Les jeux de lumières et les écrans géants subliment l'atmosphère, notamment lors du moment de bravoure attendu : l’incontournable Rock You Like a Hurricane, qui a littéralement fait trembler les gradins de Forest National.
Klaus Meine : La voix intacte, l'énergie contenue
Si la performance globale frôlait la perfection, il est impossible d'ignorer la réalité physique d'un groupe qui tourne depuis un demi-siècle. Klaus Meine, du haut de ses 77 ans, conserve cette voix si caractéristique, cristalline et juste. Ses performances sur les ballades intemporelles comme Send Me an Angel et, bien sûr, Wind of Change restent des moments d'une rare intensité émotionnelle qui donnent des frissons à toute la salle.Cependant, il faut l'admettre : le frontman n'a plus l'énergie débordante d'antan. Là où, il y a quelques décennies, il courait d'un bout à l'autre de la scène, il reste aujourd'hui beaucoup plus statique, économisant ses mouvements pour se concentrer sur sa justesse vocale. C’est tout à fait normal et compréhensible vu son âge, mais cela crée par moments un léger décalage avec l'énergie purement rock déployée par ses musiciens (notamment Mikkey Dee, toujours aussi monstrueux derrière ses fûts).